Intervals.icu – Le tableau de bord qu’il manque à Strava

Strava, c’est bien. On y retrouve ses activités, ses segments, ses kudos. Mais quand on commence à vouloir comprendre sa charge d’entraînement, sa fatigue cumulée ou simplement savoir si on en fait trop (ou pas assez), Strava montre vite ses limites. C’est là qu’Intervals.icu entre en jeu.

C’est quoi Intervals.icu ?

Intervals.icu est une plateforme d’analyse sportive créée par un développeur passionné. L’outil se connecte à vos services favoris (Strava, Garmin Connect, Polar, Suunto, Coros, Wahoo, WHOOP, Oura…) et récupère l’intégralité de votre historique d’activités. À partir de ces données, il génère des graphiques et des métriques avancées qu’on ne trouve habituellement que sur des outils payants comme TrainingPeaks ou WKO5.

Et le meilleur dans tout ça ? C’est gratuit. L’auteur propose un abonnement optionnel à 4$/mois pour soutenir le projet et bénéficier d’une priorité sur les demandes de fonctionnalités. Mais l’outil est complet sans payer un centime.

Pourquoi je l’utilise

Je suis connecté via Strava. Chaque activité (course à pied, vélo, surf quand c’est trackable) remonte automatiquement dans Intervals.icu. Ce qui m’intéresse principalement, ce sont les graphiques de Fitness, Fatigue et Form.

Le triptyque Fitness – Fatigue – Form

Si vous n’êtes pas familier avec ces concepts, voici l’idée en version simple :

Fitness (CTL) représente votre charge d’entraînement chronique, c’est-à-dire la moyenne pondérée de votre charge sur les ~42 derniers jours. Plus vous vous entraînez régulièrement et intensément, plus cette courbe monte. C’est votre « forme de fond ».

Fatigue (ATL) représente votre charge aiguë, la fatigue accumulée sur les ~7 derniers jours. Après une grosse semaine, cette courbe explose. Après du repos, elle redescend.

Form (TSB) c’est la différence entre les deux. Quand la fatigue dépasse la fitness, votre form est négative : vous êtes « dans le rouge ». Quand elle remonte dans le positif, vous êtes frais et potentiellement performant. C’est typiquement ce qu’on vise avant une compétition : un affûtage où la fitness reste haute mais la fatigue a été absorbée.

Ce graphique permet de visualiser d’un coup d’œil si vous êtes en phase de construction, de surcharge ou de récupération. Plus besoin de deviner, les données parlent.

Les totaux par zones cardiaques, d’allure et de puissances permettent aussi de visualiser si vos entraînements ne sont pas trop intensifs.

Ce que j’apprécie

L’estimation automatique de la FTP (eFTP). Intervals.icu estime votre seuil fonctionnel de puissance à partir de vos efforts maximaux. Pas besoin de faire un test de 20 minutes en mode « je vais mourir ». L’algorithme s’en charge à partir de vos données existantes.

Le support multisport. Chaque sport a ses propres zones d’entraînement et ses réglages. La charge est calculée à partir de la puissance, de la fréquence cardiaque ou de l’allure selon ce qui est disponible.

Les graphiques personnalisables. Plus de 70 métriques disponibles, combinables à volonté. Vous voulez tracer votre rapport puissance/FC en zone 2 sur les 6 derniers mois ? C’est possible. Votre HRV croisée avec votre charge hebdomadaire ? Aussi.

Le calendrier de planification. On peut y déposer des séances prévues et voir leur impact futur sur la courbe de fitness. Pratique pour planifier un bloc d’entraînement ou un affûtage avant une course.

Les petits bémols

L’interface est dense. Très dense. Au premier abord, on peut se sentir noyé sous les options et les métriques. Il faut prendre le temps de comprendre ce qu’on regarde. Mais une fois les repères en place, c’est une mine d’or.

L’application est web uniquement (pas d’app native), mais le site est bien responsive et fonctionne correctement sur mobile.

En résumé

Intervals.icu est le genre d’outil qu’on découvre un dimanche soir par curiosité et qu’on finit par consulter tous les jours. Si vous utilisez déjà Strava et que vous voulez aller plus loin dans la compréhension de votre entraînement sans sortir la carte bleue, foncez. 120 000 athlètes et 149 millions d’activités analysées, ça ne s’invente pas.

Lien : intervals.icu

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